Montréal, le 26 juin 2026 – Le Bureau du cinéma et de la télévision du Québec (BCTQ) réagit au lancement du chantier de réflexion annoncé aujourd’hui par le gouvernement du Québec visant à moderniser les mesures fiscales destinées à soutenir l’industrie audiovisuelle québécoise. À titre d’organisme de concertation de l’industrie audiovisuelle du Québec, le BCTQ entend contribuer activement à cette démarche en mobilisant son réseau de plus de 130 membres et partenaires dans le cadre des consultations qui mèneront au budget 2027-2028.
Le 22 juin, le BCTQ accueillait favorablement les mesures annoncées pour soutenir la production nationale ainsi que les réinvestissements prévus au bénéfice du milieu, notamment par l’entremise de la SODEC, de Télé-Québec et des organismes appelés à soutenir la création, la production et la découvrabilité des contenus d’ici.
Les mesures fiscales demeurent néanmoins un levier d’importance capitale pour la vitalité de l’ensemble de l’industrie audiovisuelle québécoise. Elles contribuent à soutenir l’investissement, la production, l’emploi ainsi que le maintien d’expertises reconnues à l’échelle nationale et internationale. Dans un contexte de transformation rapide des modèles de production, de diffusion et de consommation des contenus, il apparaît essentiel que toute réflexion sur leur évolution s’appuie sur une analyse rigoureuse de leurs effets sur l’ensemble de l’industrie.
L’évaluation des mesures fiscales devrait tenir compte non seulement de leur coût, mais également de leur capacité à soutenir les investissements, l’emploi, les infrastructures, les expertises et les retombées économiques pour l’ensemble du Québec.
Le BCTQ rappelle que les travaux du Groupe de travail sur l’avenir de l’audiovisuel au Québec (GTAAQ) ont permis d’identifier plusieurs pistes d’action visant à mieux soutenir la production nationale québécoise et à assurer la pérennité de l’industrie. Les mesures fiscales constituent l’un des leviers pouvant contribuer à cet objectif, mais elles ne représentent qu’une des solutions proposées. Le rapport met également de l’avant d’autres mesures visant à renforcer durablement le financement du secteur et à soutenir son développement à long terme, lesquelles devraient elles aussi être pleinement évaluées.
L’industrie audiovisuelle québécoise repose sur un écosystème intégré dont la vitalité dépend, depuis des décennies, de la complémentarité entre la production nationale et la production étrangère (ou de services) réalisée sur notre territoire. Ensemble, elles soutiennent une masse critique de main-d’œuvre créative et technique, des infrastructures de calibre international, des équipements de pointe ainsi que des investissements qui font la force de notre industrie.
Le BCTQ note la volonté exprimée par le gouvernement de favoriser un meilleur équilibre entre les dépenses fiscales accordées aux productions québécoises et étrangères. Il est convaincu que le renforcement de la production nationale et le maintien de l’attractivité du Québec auprès des productions étrangères constituent deux objectifs complémentaires qui devraient continuer de progresser de concert.
Toute mesure ayant pour effet de réduire l’attractivité du Québec auprès des productions étrangères aurait des répercussions majeures et immédiates sur les investissements, l’emploi et le maintien des expertises qui contribuent à la vitalité de l’ensemble de l’industrie audiovisuelle québécoise. Dans un contexte où les investissements audiovisuels se déplacent rapidement d’un territoire à l’autre en fonction des conditions offertes, le maintien d’un environnement concurrentiel demeure un enjeu stratégique pour le Québec.
Cette prudence apparaît d’autant plus importante que plusieurs juridictions concurrentes continuent de miser sur des mesures fiscales fortes afin de préserver leur attractivité. À titre d’exemple, la France a récemment choisi de maintenir et de prolonger jusqu’en 2028 ses principaux dispositifs fiscaux destinés à soutenir la production audiovisuelle et cinématographique, malgré un contexte budgétaire exigeant. Cette décision s’inscrit dans la foulée du rejet d’une proposition visant à réduire ces mesures et traduit une volonté affirmée de préserver l’attractivité du pays auprès des producteurs du monde entier.
Au-delà de leur compétitivité, ces mécanismes fiscaux doivent également offrir un cadre stable et prévisible permettant aux producteurs et aux investisseurs de planifier leurs projets à moyen et à long terme. Cette stabilité et cette prévisibilité constituent des facteurs déterminants dans un environnement où les décisions d’investissement se prennent à l’échelle mondiale.
À la lumière de ces considérations, le BCTQ estime qu’il sera essentiel de faire preuve de la plus grande prudence dans l’évaluation des modifications qui pourraient être apportées aux mesures fiscales applicables au secteur audiovisuel. Cette réflexion devrait s’appuyer sur des données probantes, des analyses économiques rigoureuses et les meilleures pratiques observées au Québec, ailleurs au Canada et à l’international afin d’évaluer les effets réels des différentes options envisagées.
« La modernisation des mesures fiscales constitue un chantier dont les répercussions seront majeures pour l’ensemble de l’industrie. Le BCTQ mettra à profit l’expertise de son réseau afin de contribuer activement à cette réflexion collective et de favoriser l’émergence de solutions qui permettront de renforcer à la fois notre production nationale, l’attractivité du Québec auprès des productions étrangères et le rayonnement de notre industrie », a déclaré Stéphane Cardin, président-directeur général du BCTQ.
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